Projet à l’honneur : Action RDCongo

  Projet à l'honneur

Depuis de nombreuses années, les populations des Nord et Sud-Kivu sont éprouvées par l’affrontement de milices armées, les violences – en particulier à l’égard des femmes dans un contexte où le viol est utilisé comme arme de guerre – et la grande pauvreté. Le trafic des minerais présents dans le sous-sol suscite la convoitise et alimente ces conflits.

Les événements récents ne font que tristement confirmer les épreuves auxquelles sont soumises ces populations. Face à l’avancée des rebelles du M23, des troupes rwandaises et autres groupes militaires, les forces armées congolaises, FARDC semblent déclarer forfait à Goma, comme à Bukavu, abandonnant les populations à leur triste sort. Par dizaines de milliers, les civils fuient les affrontements et prennent la route, chargés de leurs maigres biens, tentant de protéger leur vie. Et pour ceux qui restent, il est plus que jamais essentiel de pouvoir poursuivre les activités qui leur permettent de subsister.

En quoi consiste le projet de Frères des Hommes ?

Notre projet soutient plusieurs partenaires dans la région du Nord et Sud-Kivu (PAEDE, RACOD et PACAF) qui accompagnent des groupements d’apiculteurs. L’intégration des femmes y est encouragée. Le matériel que reçoivent les apiculteurs est réalisé par des artisans locaux. Des ruchers pédagogiques, des pépinières et une infrastructure sont aménagés dans les groupements avant de débuter les formations techniques. Le réseau mis en place soutient la commercialisation du miel, garantissant une source de revenus.

Dans cette région, les femmes figurent parmi les populations plus vulnérables et, lorsqu’elles sont jeunes, elles sont, de surcroît, particulièrement touchées par le chômage. L’apiculture est donc une activité rémunératrice très intéressante pour elles, d’autant plus que, traditionnellement, les femmes ont toujours joué un rôle dans la transformation des produits agricoles. Certaines tâches leur sont confiées de préférence, comme le contrôle d’équipement collectif pour l’extraction et le filtrage du miel. L’objectif de ces différentes approches est de les aider à augmenter leur pouvoir dans les groupements apicoles et de contribuer ainsi aussi à améliorer l’image de la femme aux yeux de la société.

Pour l’ensemble de nos projets relatifs à l’apiculture en RDCongo, les bénéficiaires sont 1400 apiculteurs (dont 520 femmes) recevant les formations nécessaires à leur activité, 10 techniciens spécialisés employés par les partenaires locaux afin de prodiguer un accompagnement technique aux apiculteurs, 30 artisans locaux formés à la production de matériel apicole ainsi que les acteurs commerciaux de la filière et toutes les personnes qui en dépendent.

Témoignage de Marianne, représentante de l’association ANDER dans le Nord-Kivu

Marianne, représentante de l’association ANDER, qui encadre des apiculteurs dans le Nord-Kivu, nous écrit : « La vie de la population a basculé de dure à pire. Cette situation nous appelle à dynamiser nos actions pour répondre aux cris de nos membres qui ne cessent de clamer une assistance. Nous souhaitons avoir un soutien financier pour répondre à ces nouveaux besoins car les populations ne savent plus aller aux champs. Or, c’est possible de les encadrer dans cette situation. Vraiment, il y a beaucoup à faire pour elles. Nous, au niveau d’ANDER, sommes enthousiastes pour leur venir en aide, mais nous sommes limités, faute de capacités financières ».

Après ces guerres à répétition et la pandémie de Covid-19, notre partenaire APEF du Sud-Kivu ajoute : « Nous sommes à bout de forces et demandons à la communauté internationale d’arrêter cette guerre qui freine l’émancipation de la population. Les pays dits développés partagent des valeurs démocratiques du respect de l’intégrité territoriale, de la justice,… Nous voulons la paix et seulement la paix ! APEF étant née dans les situations de guerre, elle est active sur le terrain en sensibilisant la population au comportement à adopter pendant cette période de crise. Mais elle est freinée par le manque de moyens ».

Si, vous aussi, vous voulez soutenir ce projet, cliquez ici