À la suite de sa première édition en novembre dernier à l’hôtel de ville de Saint-Gilles, l’exposition gratuite “Humanité en mouvement” s’est à nouveau ouverte au public le 16 janvier dernier, cette fois-ci au Centre Culturel de Schaerbeek. Une quinzaine de clichés du célèbre photographe franco-brésilien Sebastião Salgado ont été sélectionnés par notre équipe. Ces photographies, issues des expositions « Terra » et « Exodes », portent sur l’urgence humanitaire des mouvements de populations à travers le monde et sont accessibles du lundi au vendredi, de 10h à 16h, et ce jusqu’au 7 mars 2025 inclu.
Nous avons également décidé d’approfondir la perspective de ces thématiques grâce aux installations artistiques de la curatrice et artiste Aline Yasmin. Issues de la série Jus Sanguinis, des installations harmonisent et reflètent l’œuvre de Salgado à travers leur force esthétique en se concentrant sur la question de l’immigration forcée.
La dimension musicale a également été au rendez-vous au vernissage grâce à la prestation sur scène de Caldeira, un artiste multi-instrumentiste ayant fabriqué ses propres instruments à partir de matériaux recyclés et dont la fusion d’influences brésiliennes et du Moyen-Orient ne sont pas sans rappeler la thématique interculturelle de l’exposition.
La prestation fut suivie par un bref rappel des enjeux de l’exposition par notre directrice Frédérique Gudelj ainsi que notre chargée de projets Gitana Nebel. De nombreux remerciements ont également été faits aux divers collaborateurs et contributeurs de ce projet de longue haleine. Parmi eux, le premier échevin sortant de Schaerbeek, Vincent Vanhalewyn, qui a rappelé son soutien aux thématiques de Frères des Hommes.
Toujours dans le cadre de l’exposition, plusieurs dizaines de personnes ont assisté au ciné-débat du 31 janvier dernier au Centre Culturel de Schaerbeek. La projection du documentaire Al-Fatah Palestina de Luigi Perelli a été suivie d’un débat animé par Gitana Nebel et Omar Jabary Salamanca, membre du Collectif United Screens for Palestine, avec pour priorité la crise humanitaire toujours actuelle affectant la région depuis des décennies.
Les rares images que fournit ce documentaire rappellent une fois de plus les conditions de vie de la population civile palestinienne. Ces dernières ne sont d’ailleurs pas sans rappeler l’œuvre de Sebastião Salgado, qu’il s’agisse de l’émigration de nombreux Palestiniens vers les nations arabes voisines ou des conditions de vie déplorables de ceux qui décident de rester en zone de conflit.
Les interventions d’Omar Jabary Salamanca dans le cadre du débat ont permis de mieux appréhender le manque de ressources et l’extrême précarité vécue dans le cadre du présent conflit. Ces conditions déplorables affectent tout particulièrement les enfants et les femmes, ceux-ci subissant des déplacements forcés, l’insécurité alimentaire ainsi que d’innombrables troubles émotionnels post-traumatiques. Cette forme de ségrégation raciale bénéficie par ailleurs d’une impunité alarmante de la part des gouvernements d’Occident et continue à échapper au droit international.
Face à toute cette actualité, Frères des Hommes s’engage à mettre l’outil du débat en valeur et ce, en harmonie avec son principe de sensibilisation des pays du Nord sur ces diverses thématiques humanitaires.
Nous rappelons qu’un deuxième ciné-débat gratuit a eu lieu ce jeudi 20 février, toujours dans le cadre de l’exposition et abordant cette fois-ci deux documentaires produits en Belgique. Le premier, « Historias de Papel », fut réalisé par Nicolas Hernandez et porte sur la lutte d’immigrants équatoriens sans-papiers pour leurs droits sociaux en Belgique. Le deuxième, intitulé « Amazad », réalisé à Bruxelles par divers collaborateurs de langue lusophone sous la coordination d’Aline Yasmin, évoque l’invisibilité sociale, l’identité et le sens d’appartenance de groupes marginalisés à Bruxelles.
Louka Mounicou Dominguez, stagiaire de Frères des Hommes